Re: Peut-on se contenter de l'évaluation seule pour s'assurer de l'atteinte des ODD?

 Je vous remercie pour avoir lancé cette idée qui donne l’occasion de clarifier ces 2 aspects : suivi et évaluation qui sont très souvent l’objet de discussion dans les initiatives de développement.

Le suivi et l’évaluation sont deux éléments qui se complètent pour mieux orienter le projet/programme vers les résultats et les objectifs visés de développement. Cependant, l’un ne peut annuler l’autre dans la mesure où un bon suivi est une assurance pour la réalisation d’une bonne évaluation.

La formulation des indicateurs est une étape importante dans la mesure où elle cible le dispositif de suivi évaluation du projet. Bien formulés, ces indicateurs reflètent aussi les critères d’efficacité, durabilité, efficience, effets/impacts. La cohérence et la pertinence notamment aux besoins et aspirations des communautés bénéficiaires impliquent aussi l’application d’un dispositif d’analyse participatif en vue d’intégrer, les intérêts de toutes les parties prenantes. Lorsqu’elle est bien  réalisée sur le terrain, l’analyse de la cohérence/pertinence est également une opportunité pour intégrer les aspects d’égalité/équité dans les indicateurs de suivi évaluation (tableau de bord du projet).

A mon avis, les indicateurs axés sur les résultats (GAR) sont favorables pour l’instauration d’un suivi opérationnel et réaliste. J’ai constaté que les dispositifs de suivi des projets sont généralement centrés sur la réalisation des activités. Ce modèle est plus facile à réaliser mais donne moins de chance d’orienter la planification vers les résultats visés et aussi ne facilite pas la tâche aux évaluateurs car les données produits ne sont pas suffisants pour apprécier les éléments d’analyse et les comparer aux résultats terrains. Hors, avec des budgets de plus en plus réduits, la durée et la qualité des évaluations en pâtissent. Cette insuffisance d’appréciation engendre généralement des divergences de vue entre les responsables de projets et les évaluateurs, car vous convenez qu’un évaluateur, quel que soit sa compétence, n’aura pas accès à tous les éléments d’appréciation nécessaires pour une bonne évaluation. D’où, la nécessité d’un dispositif de suivi adéquat, efficace et intégrant les éléments d’évaluation.

Je recommande que les projets agricoles se donnent les moyens pour une bonne analyse terrain pendant la phase planification et qu’ils accordent plus d’attention à la question des indicateurs et du dispositif de suivi en intégrant les critères d’évaluation. Aussi, les synthèses et analyses périodiques des données de suivi est important et constituent des occasions techniques pour mieux corriger les insuffisances du projet avant les évaluations.