Challenges of evaluation

@FAOEvaluation

Challenges of evaluation

Bonsoir à tous,

Je travaille au Ministère des Finances Algérien et j’ai récemment rejoint cette Communauté de Pratique.

Je viens vous proposer d'ouvrir un débat qui m'intéresse particulièrement.

Il s'agit de parler des différentes contraintes/limites que vous rencontrez lors des différentes évaluations de programmes et interventions de développement rural, agriculture et sécurité alimentaire.

Comment les contournez-vous? Et quelles sont celles que vous n'arrivez pas à contourner ?  

Merci à tous.

Hynda Krachni

Ministère de Finances

Algeria

 

Cette discussion est terminée. Veuillez contacter info@evalforward.org pour plus d'informations.
  • Bonjour chers amis,

    Je suis vraiment contente. Les dernières contributions de Mustapha, Nasser et Raoudha sont tout à fait pertinentes. Merci de les partager avec nous.

    Le respect des principes de l'évaluation est capital dans la conduite de toutes les évaluations pour en garantir l'objectivité et par conséquent apporter les réponses aux questions posées et y introduire les correctifs nécessaires.

    Le riche débat qui a découlé de ma question, met en exergue la grande diversité des contraintes rencontrées et leur impact sur les résultats de l'évaluation.

    Certaines incombent aux évalués, d'autres aux évaluateurs et d'autres encore aux politiques et dispositifs fixés.

    Encore une fois, merci à tous pour votre réactivité et la pertinence de vos contributions.

    Hynda

    Alger

  • Bonjour de la Tunisie,

    Merci beaucoup cher-e-s collègues pour ces échanges riches et fructueux. Je pense que parmi les contraintes majeures de l'évaluation est la culture d'évaluation elle même quand elle n'est pas vraiment bien ancrée. La plupart du temps on se contente d'une auto-évaluation qui n'est pas fondée sur une base scientifique et ne répond pas ou peu à des standards internationaux en matière d'évaluation. Il faut qu'on soit convaincu que l'évaluation va nous permettre soit de rectifier le tir pour reprendre le bon chemin ou de continuer sur la même voie qui s'avère la bonne, et dans les deux cas ça va nous permettre d'avancer. Ceci nous mènera à la deuxième contrainte qui entrave l 'évaluation, à savoir la personnalisation du projet ou programme. En effet la personne qui est chef de file du projet (je parle là des institutions publiques) n 'accepte pas que, soit disant, son projet soit évalué parce qu'il croit que cette évaluation va toucher sa crédibilité et là c'est vraiment un grand problème et ça renvoie à la question relative à la culture d'évaluation.

    Trés bonne journée

    Raoudha Jaouani

    Directrice en charge de la Pauvreté, des politiques sociales et de la migration

    Ministère du Développement, de l'Investissement et de la Coopération Internationale

    Tunisie

  • Bonjour à tous,

    Un grand merci à notre chère Hynda pour avoir ouvert un débat fort intéressant sur les défis et les contraintes qui entravent l'émancipation de l'évaluation dans certains pays. Tout ce qui a été dit est tout à fait valable dans son intégralité, mais néanmoins le manque de compréhension de la fonction d'évaluation, telle que l'évoque Hynda, très souvent perçue comme un contrôle et forçant beaucoup d'individus à des positions de résistance pour différentes raisons, reste un des défis qu'il est nécessaire de prendre en charge. De par ma modeste expérience dans les différents ateliers de formation sur la Gestion axée sur les Résultats que j'anime, dans son volet suivi-évaluation, je commence toujours par démystifier les fonctions de suivi et d'évaluation parmi les participants en posant une question simple: est-ce que nous faisons du suivi-évaluation dans notre vie quotidienne? Et j’engage ainsi un débat franc et serein avec les participants en les emmenant à évoquer des exemples de la vie courante où l'être humain pratique le suivi-évaluation de manière assez intuitive et fortuite. L'exemple d'un voyage en voiture vers une destination où on n'a jamais été pour y arriver à une date et une heure précise, selon un itinéraire précis que nous n'avons jamais emprunté, est l'exemple qui revient assez souvent. Et là nous commençons à décortiquer nos actions pour enfin découvrir que nous faisons assez fréquemment du suivi-évaluation, parfois sans se rendre compte, et concluant que finalement le suivi-évaluation est plutôt en notre faveur qu'en notre défaveur.

    Cependant, d'autres défis guettent la fonction d'évaluation que je peux personnellement avancer, à titre d'illustration et sans être exhaustif, et qui sont plus logés dans l'environnement immédiat de la fonction d'évaluation, notamment:

    • L'auto-censure pratiquée par certains évaluateurs dans certains systèmes politiques afin de rester dans le "politiquement correct", poussant parfois les choses jusqu'à faire entendre aux responsables politiques et autres officiels ce qu'ils aiment entendre;
    • L'interférence de certains responsables politiques et autres officiels et la pression exercée sur les évaluateurs afin de changer certaines conclusions dans le rapport d'évaluation, voire même déguiser la réalité mise en évidence par l'exercice d'évaluation;
    • La rareté – voire l'absence – de statistiques officielles fiables et d'études sectorielles de qualité permettant de trianguler les "findings" d'une évaluation;
    • L'éloignement de certains évaluateurs de l'objectivité et la neutralité requises dans la fonction d'évaluation pour rester toujours dans le "politiquement correct" tout en pensant aux contrats futurs;
    • Le foisonnement de nombreux universitaires et académiciens ayant pour vocation d'élaborer depuis des décennies des études socio-économiques (tels des états des lieux, des diagnostics, etc.) et qui prétendent être des évaluateurs sans comprendre les fondements et les principes de la fonction d'évaluation et sans mise à jour préalable et nécessaire de leurs connaissances vis-à-vis de l'évaluation.

    Voilà ce que je voulais partager avec les collègues à titre de contribution dans ce débat.

    Cordialement

    Mustapha Malki

    Canada

  • Chère Isha, chère communauté,

    C'est exact. L'environnement est déterminant dans la réussite des évaluations, notamment celles liées à l'agriculture et au développement agricole. Le nombre important d'intervenants, limite quelque peu ce travail de communication et de sensibilisation à l'importance de l'évaluation. Il me paraît capital, aujourd'hui, de développer les compétences de communication et de "crédibilité" de l'évaluateur. Cette crédibilité n'a pas uniquement une portée technique, mais aussi une dimension formative très importante. Notre vis à vis, en comprenant la portée de l'évaluation, développera une confiance avec nous et plutôt qu'une relation de méfiance, un véritable travail de collaboration entre les parties sera développé, ce qui nous permet à coups sûrs d'atteindre de très bons résultats pour notre évaluation et contribuer par la même, au développement des différents dispositifs et politiques agricoles.

    Merci à tous!!!

     

  • Bonjour,

    Une petite contribution en réponse à l'importante et grosse question soulevée par Hynda sur les contraintes relatives aux évaluations des projets de développement rural ou de sécurité alimentaire. Difficile d'épuiser le sujet dans ce cadre...

    • Une grosse contrainte c'est le manque ou la qualité des études sur la situation de base ou situation de référence dans les zones d'intervention des projets. Quand ces études ne sont pas faites dans les règles de l'art (bon diagnostic, analyse complète de la situation de départ avec la participation des hommes et des femmes) l'évaluation par la suite n'est pas aisée. C'est une étape primordiale quand on veut travailler dans une perspective de changement qualitatif d'une situation donnée car elle permet de bien orienter les actions et de faire un choix pertinent des actions et des acteurs et actrices... Dans le cadre du contrôle d'avancement d'un projet de développement de l'agriculture dans une région au Burkina il y a quelques années, le projet avait identifié l'aviculture, entre autres, comme activité génératrice de revenus au profit des femmes. Cette activité n'a jamais prospéré dans les localités choisies tout simplement parce que culturellement c'est une activité toujours dévolue aux hommes pour préserver l'harmonie dans les familles... Un bon diagnostic et une bonne analyse au départ aurait permis de choisir des activités socialement acceptées ou de réfléchir à des stratégies devant aider à apporter les changements nécessaires pour le bien- être de tous.
    • Une autre difficulté c'est la formulation des indicateurs quantitatifs et qualitatifs: les indicateurs quand ils existent ne permettent pas toujours de mesurer comme il se doit les progrès ou les changements induits par les interventions au niveau des communautés.
    • La prise en charge des questions de genre: cette thématique est souvent oubliée ou rajoutée dans les documents de projets comme une pièce jointe; ce qui ne facilite pas les évaluations. Nous en avons déjà parlé je crois lors des échanges sur ce thème dans ce groupe (https://dgroups.org/?8cvm4jpt) . Le genre est une question transversale et être pris en charge dès le début du processus de formulation d'un projet. C'est une question très importante dans nos pays en Afrique ou les femmes contribuent en raison de 70 à 80 % dans la production agricole et maraîchère
    • Autre contrainte: le temps imparti à l'évaluation ainsi que le budget prévu à cet effet : il arrive que lors de la formulation de projets l'on ne prévoit pas suffisamment de ressources pour le suivi et l'évaluation. Cela porte préjudice par la suite pour une bonne réalisation de cette activité pourtant très importante pour la bonne mise en œuvre et l'atteinte des objectifs visés par les interventions.

    Ma modeste contribution sur ce sujet.

    Georgette